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Aérothermie : NON.

L'aérothermie, ou la technologie de chauffage par pompe à chaleur à retenir en dernier lieu et à déconseiller absolument si elle devait être le seul moyen de chauffage :

Notre expérience de la pompe à chaleur (29 ans d'utilisation en technologie sur l'aquathermie, géothermie sur l'eau de puisage) nous incite à exposer notre inquiétude sur le développement des ventes des pompes à chaleur (PàC) sur l'aérothermie que nous connaissons depuis quelques années sous l'impulsion de vendeurs qui ne se chauffent certainement pas avec ce moyen, développement qui se fait sans tenir compte de quelques points très importants qui ressortent de l'expérience des 30 dernières années :

- Quand la température extérieure (TE°) baisse, la puissance calorifique (Pc) des PàC sur l'aérothermie chute symétriquement, au point que le rapport énergie produite sur énergie consommée devient bien moins favorable qu'annoncée à partir de TE° de l'ordre de +2/+3. Mal étudiée (ce qui arrive assez souvent), une installation peut ne pas produire suffisamment de chaleur par hivers plutôt froids comme ceux de 2008/2009, 2009/2010 et 2010/2011. D'ailleurs, avec les plaintes de clients pas du tout satisfaits par rapport à des promesses faites un peu légèrement par des vendeurs (qui en général ne se chauffent pas chez eux avec ces matériels), certains fabricants ont commencé de développer des matériels incluant une chaudière fuël qui vient en relève à partir de TE° +2. Il est important de rappeler que, dans les années 1980 qui ont vu la première vague de développement des PàC, celles sur l'aérothermie, le plus souvent installées sur abonnement EDF EJP, étaient systématiquement relevées par un autre moyen de chauffage (fuël, gaz, bois) à partir de TE° +5.

En plus clair encore, à TE° de -5° générant par exemple un besoin de T° dans le circuit de chauffage de +45°, une PàC sur l'aérothermie devra monter les calories récupérées de 50° (45 + 5), alors qu'une PàC sur l'eau de forage à +12° en général n'aura qu'un écart de 33° (45 -12) à combler, d'où un temps de fonctionnement, un coût d'exploitation et une usure de matériel beaucoup plus élevés pour la PàC sur l'aérothermie. 

En raison de ces difficultés de chauffage qui sont maintenant assez bien connues, l'on a même vu en 2010 les fabricants d'appareils de chauffage remettre sur le devant de leurs stands, sur les salons d'exposition, les chaudières fuël et gaz, les PàC étant reléguées au fond. Ce ne serait pas grave si cela ne concernait que les PàC sur l'aérothermie, mais cela est un mauvais coup pour les PàC en géothermie qui ont toujours assuré, elles, un excellent confort à des coûts annuels très faibles, particulièrement celles sur l'aquathermie (calories prélevées sur l'eau de puisage) qu'il faut retenir en priorité (voir chapitre "Choix de pompe à chaleur"), car les énergies fossiles (fuël et gaz) ne sont pas l'avenir : pollution dégagée, hausse de leur prix en raison de la demande mondiale en forte hausse liée à l'augmentation de la population (7 milliards aujourd'hui, bientôt 9 milliards) et de leur raréfaction (cette raréfaction devant être anticipée dès aujourd'hui dans l'intérêt des consommateurs).

Pour installer une PàC sur l'aérothermie, il est donc impératif de prévoir un autre moyen de chauffage : chaudière fuël ou gaz (= 2 contrats d'entretien et de suivi) ou une forte résistance électrique (= abonnement EDF de puissance élevée) ou un poële à bois, insert, cheminée (= 1° - Il faut pouvoir être présent pour les alimenter. 2° - Le prix du bois de chauffage est appelé à monter et, lorsqu'il est importé -ce qui est déjà en partie le cas- son bilan carbone, comme celui du fioul ou du gaz, est peu favorable et ne répond plus vraiment aux critères de respect de l'écologie visés). A défaut, il est prudent de prévoir des pull-over...

- L'esthétique des unités extérieures est assez discutable, et leur bruit de fonctionnement (pales de ventilation) devient en général assez désagréable après quelques années au point que ce soient des causes de mésentente avec les voisins.

- L'expérience des années 1980 à 2000 a aussi montré que la durée d'usage des PàC sur l'aérothermie, avec un rendement calorifique moyennement satisfaisant (toujours sous les conditions évoquées plus haut), dépassait rarement 10 à 12 ans : il est à craindre que le scénario ne se reproduise faisant encore beaucoup de mécontents.

En résumé, que l'on soit expert en énergies renouvelables ou installateur, il faut avoir le courage de ne pas conseiller un produit qui ne garantit pas dans le temps une satisfaction totale des utilisateurs : c'est ce que, avec notre expérience de 29 années de la pompe à chaleur, nous croyons devoir faire ici, pour respecter au mieux les futurs utilisateurs.